Est-ce que le COVID long pourrait être assimilé à un syndrome de fatigue chronique ?

Le syndrome de fatigue chronique, également connu sous le nom d’encéphalomyélite myalgique (ME/CFS : myalgic encephalomyelitis/chronic fatigue syndrome), a mis de nombreuses années à être reconnu en raison de ses symptômes similaires à ceux d’autres affections. Il en va de même pour le COVID long ou le syndrome post-COVID, où une équipe du Brigham and Women’s Hospital révèle dans la revue Frontiers in Medicine des anomalies biologiques sous-jacentes communes au CFS et au COVID long.

Malgré sa reconnaissance officielle, le syndrome de fatigue chronique (SFC) demeure une condition mystérieuse, dépourvue de remède ou de cause clairement établie. Il s’agit d’une maladie complexe qui affecte plusieurs systèmes du corps et présente des symptômes similaires à de nombreuses autres affections. Actuellement, il existe peu de marqueurs diagnostiques, à l’exception d’anomalies cérébrales et de signatures immunitaires spécifiques, et de nombreuses équipes de recherche travaillent à préciser les moyens de diagnostiquer cette maladie. Par conséquent, les patients peuvent souffrir pendant des années sans obtenir un diagnostic précis.

Résultant généralement d’une infection virale, le syndrome de fatigue chronique (CFS/ME – encéphalomyélite myalgique) entraîne des symptômes de neuro-inflammation, de déséquilibre homéostatique, de brouillard cérébral, de troubles du sommeil et d’une grande vulnérabilité au stress. Des recherches antérieures ont déjà suggéré des similitudes avec les symptômes du COVID long, qui sont également liés à une neuro-inflammation.

Cette étude, une revue de la littérature menée par des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital et de la Harvard Medical School, en collaboration avec des collègues de la Mailman School of Public Health (New York) et de l’Université de Columbia, a examiné 559 publications scientifiques pour comparer précisément les symptômes des deux affections. Les résultats ont abouti à la conclusion suivante : il existe de grandes similitudes entre les deux maladies. L’analyse a révélé des anomalies biologiques sous-jacentes très similaires, affectant le cerveau, le système immunitaire, le cœur, les poumons, l’intestin et le métabolisme énergétique, ce qui explique la similarité des symptômes dans les deux conditions.

Cette étude ouvre la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques pour les deux syndromes. Selon le Dr Anthony L. Komaroff, médecin-chef du Brigham Department of Medicine et professeur de médecine à la Harvard Medical School, la comparaison de chaque type d’anomalie a également permis d’identifier les domaines nécessitant des recherches supplémentaires, en se concentrant sur les anomalies confirmées par des preuves solides qui pourraient servir de cibles prometteuses pour les tests de diagnostic et les nouvelles thérapies.

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